Tel père telle fille [feat. Macaria - La Rochelle]

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Tel père telle fille [feat. Macaria - La Rochelle]

Message par Hadès le Jeu 13 Juil - 0:42

Hadès avait de suite aimé l'enfant né de sa femme légitime; ce qui n'était pas forcément le cas pour ses deux autres frères avec la leur; et sûrement parce que la petite Macaria était sa seule et unique fille, son premier enfant, son petit trésor. Il avait décidé de faire exactement l'opposé de ce que Poséidon et Zeus avaient conseillé, déjà parce qu'ils étaient de très mauvais parents dont la plupart des gosses étaient des cas sociaux assez extrêmes - ne parlons même pas des rejetons d'Arès et encore heureux que la petite Harmonie était...gnn...harmonieuse, aha ! - aux exploits violents que Hadès exécrait; lesdits exploits comme lesdits rejetons; ensuite, ses deux frères ne s'occupaient que trop rarement, voire jamais, de leurs propres enfants, aussi bien divins que demi-dieux. Hadès n'avait pas voulu faire pareil, il voulait que sa petite fille soit prête pour le monde extérieur et non livrée à elle-même, il l'avait peut-être trop choyée et avait refusé de la voir grandir. Elle avait 20.000 ans et lui 80.000 de plus - environ, il avait arrêté de compter pour lui-même mais n'avait jamais oublié de fêter l'anniversaire des deux femmes de sa vie (plus sa sœur et belle-mère Déméter, sinon elle faisait une crise et il n'avait pas envie de se fâcher sa famille qui était aussi sa belle-famille; un simple et juste retour des choses pour lui avoir ravi sa fille adorée).
Tout un paragraphe pour expliquer qu'au final, Hadès et Macaria avaient un caractère similaire; ils étaient tel père telle fille. Avec un soupçon de détermination de Perséphone. Et l'envie de faire chier probablement tout le monde provenant de sa grand-mère - et tatie - Déméter. Les relations entre les dieux sont vraiment très complexes et posent toujours des soucis aux étudiants désirant en faire un arbre généalogique cohérent.

Aujourd'hui était un jour quasiment comme un autre; Hadès avait décidé de revenir sur la Rochelle après avoir réglé ses affaires; il s'absenterait de ses affaires pour un moment et laissait cela à une personne de confiance - sachant déjà pour Sempiternel, parce qu'elle sait déjà pour les enjeux et ne cherchera donc pas à évincer son patron, il l'avait sauvé et il lui avait donné une nouvelle vie, loin de celle qu'elle avait été obligée de mener; cela avait fâché un autre collègue qui n'en savait rien. Donner de telles responsabilités à une femme, voilà qui était impensable et écœurant. Charmian Stone avait pris la responsabilité de faire taire le fâcheux en trafiquant le traitement médicamenteux de celui-ci; rien de bien méchant mais il était indisposé pour un moment, pas tout à fait mort mais il était possible qu'il en ait l'impression.


-Miss Stone ?

-Oui monsieur ?

-A propos de ce que vous avez fait à monsieur Sarcas...

-Je suis désolée monsieur, je pensais vous en parler mais il allait faire une esclandre. J'ai estimé que cela ne vous était pas nécessaire, monsieur.

-Justement, faites-moi juste penser de ne jamais vous énerver.

Il avait souri, elle l'avait fixé dans sa sempiternelle position statique et son visage impassible. Elle était une secrétaire remarquable. Ils s'étaient quittés, Miss Stone serait la nouvelle secrétaire de celle qui dirigerait les affaires de monsieur Klymenos durant son absence. Il restait un dernier détail à régler: le cas de Zamolxis. Hadès avait appris à accepter le jeune homme et les trois chiots avaient arrêtés de lui aboyer dessus, ils étaient devenus très gentils avec lui d'ailleurs et avaient surtout cessé d'essayer de le mordre à la gorge et de pisser sur ses chaussures. Le dieu des Enfers voulait remercier le jeune homme comme il se devait, de préférence sans lui promettre un mariage avec sa fille chérie - déjà parce que Macaria le carboniserait (Hadès, pas le pauvre Zamolxis), ensuite parce qu'il était hors de question qu'on parle mariage à propos de son adorable trésor des Enfers ! - mais il pensait surtout à lui fournir un travail et un logement. Ils allaient devoir en parler très sérieusement et pendant que Hadès s'occupait des démarches pour au moins le logement, il laissait les deux jeunes gens entre eux pendant tout l'après-midi sur la Rochelle. Oui, jeunes. Macaria serait toujours sa jeune fille.

L'habitation qu'il avait dans la ville était grande et non loin du portail pour rentrer à la maison. Dans chacune de ces habitations, il avait toujours un bureau dans lequel personne d'autre que lui-même, à l'exception de sa secrétaire, ne pouvait entrer. Il y conservait des copies cryptées de dossiers parfois sensibles mais ils étaient surtout une quasi mine d'informations sur chaque membre d'Utopia, leur histoire originelle. A part pour la reine Catherine de Lystera et James Moriarty, des classiques, des indémodables, les autres dossiers étaient beaucoup plus complets; ils contenaient même des dossiers médicaux, des suivis psychiatriques. Un en particulier était classé dans un dossier rouge, à dire vrai, le seul à être dans un dossier rouge. Phobos Escanor - aussi appelé Duca Ferrucio Da Caito. Il y avait une note manuscrite de Hadès lui-même, en grec ancien: "cherche une âme divine, à surveiller".
Mais en attendant, une crise à la fois. N'est-ce pas Macaria ?

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Message par Macaria le Jeu 13 Juil - 20:15

Les jours passèrent suite aux évènements de Londres et vint le temps de rentrer en France, et plus particulièrement à la Rochelle où Hadès devait remplir quelques formalités avant de revenir en Grèce. Macaria se laissait promener avec curiosité, partagée entre son dégout envers cette planète à cause de sa vulnérabilité et les révélations d’Hadès et sa fascination pour la technologie moderne. Zamolxis avait suivi mais elle lui avait bien fait comprendre qu’elle ne lui permettrait pas de mettre les pieds en Grèce tant que les problèmes ne seraient pas réglés dans l’Erèbe ; pas question de le laisser se confronter à un démon de l’ancien temps. Hadès se chargerait de lui trouver un endroit où dormir ; maintenant que son père lui avait octroyé la nationalité française et offert une grosse somme d’argent, elle ne s’inquiétait plus pour l’avenir du garçon. Elle comptait toutefois sur lui pour continuer à lui faire découvrir ce monde incroyable jusqu’à son départ. Son père étant occupé, comme toujours, Macaria et Zamolxis prirent le chemin du centre-ville et visitèrent les lieux, se promenant dans le port et allant de ci et de là. Macaria se familiarisa avec l’histoire de la ville et la colonisation de l’Amérique qu’elle trouve tout à fait fascinante, testa la grande roue, gouta pour la première fois à la barbe-à-papa, bref, elle fit sa touriste, jusqu’à ce qu’elle tombe sur un kiosque à journaux et qu’un titre accrocheur attire son attention. Un coup d’œil à l’article la renseigna sur l’existence d’un film nommé Hadès. Zamolxis lui avait déjà parlé de l’existence du « cinéma », il lui avait même montré la télévision. Sa première réflexion avait été de demander quel genre de magie avait permis de rétrécir les gens pour les faire rentrer dans la boite, puis on lui avait expliqué qu’il n’en était rien. Comme d’habitude, Macaria avait affiché sa tête incrédule et il lui avait fallu assimiler la chose.


La deuxième information qu’elle nota sur cet article de presse était que le film avait été produit par les studios Utopia, l’entreprise que son père dirigeait. Hadès s’était bien gardé de lui parler de ça. Naturellement, son esprit se mit en alerte. Elle soupçonnait son père de lui cacher des choses depuis que ce dernier lui avait expliqué que les fictions ici prenaient corps dans sa réalité à elle… allait-elle enfin comprendre ce qu’il mijotait ? Ni une ni deux, elle mena son enquête pour trouver l’endroit où était projeté le dit film et s’y rendit en compagnie de son larbin compagnon. Zamolxis ne comprit probablement rien au film qui était projeté en français, contrairement à Macaria qui en ressorti blanche comme un cachet d’aspirine. Le film montrait un Hadès lassé de son mariage, qui tentait de rejeter l’influence d’Aphrodite en s’efforçant de pousser son épouse dans les bras d’Adonis. Quant à elle, Macaria, elle n’était ni plus ni moins que la fille d’Adonis et de Perséphone.


En sortant du cinéma, la déesse eu un haut-le-cœur et mit sa main devant la bouche pour s’empêcher de vomir. Comment avait-il osé la regarder dans le blanc des yeux pendant tout ce temps alors qu’il était en train de la détruire à petit feu en présentant cette horreur aux mortels ?! En état de choc, état typiquement humain auquel Macaria n’avait jamais été confrontée, il fallut un long moment à la déesse pour reprendre le contrôle de son corps. Lorsqu’enfin la stupeur laissa place à la fureur, elle exigea que Zamolxis la raccompagne immédiatement à la demeure de son père. Le pauvre mortel ne devait rien y comprendre et elle ne se donna guère la peine de lui expliquer les choses. Le taxi arriva peu après et elle prit le chemin du retour. Lorsqu’elle rentra, elle ordonna à Zamolxis de se tenir loin de  son père, lui expliquant simplement qu’elle avait à lui parler et le ton de sa voix laissait entendre que cela risquait d’être violent. Mais Hadès n’était pas encore rentré et la frustration de Macaria atteint des sommets. Avec rage, elle marcha droit vers le bureau de son père dont l’accès lui avait été interdit et y pénétra, forçant l’accès si ce dernier était fermé. Une fois à l’intérieur, elle fouilla consciencieusement les tiroirs et les documents qui s’y trouvaient à la recherche de toutes les informations qu’elle pouvait trouver sur la nature de son travail, ses collaborateurs et ses véritables intentions. En oubliant les nombreux documents codés qu’elle était incapable de déchiffrer, elle apprit ainsi que plusieurs des dirigeants d’Utopia étaient natifs d’autres univers, comme Hadès, et que ces derniers avaient pour la plupart un profil psychologique instable et occupaient une place particulièrement négative dans leur histoire. Une fois encore, son père s’était bien gardé de lui parler de ça. Mais que trafiquait-il ici ?!


Un bruit la fit relever les yeux des documents qu’elle était en train de consulter. Hadès. Être prise en flagrant délit en train de fouiller une pièce dans laquelle elle n’avait pas le droit d’entrer ne lui fit ni chaud ni froid. A cet instant elle ne ressentait rien d’autre qu’une colère froide qui menaçait d’exploser à tout moment. Zamolxis l’avait bien comprit et s’était réfugié dans sa chambre dont il n’était plus sorti. Macaria toisa Hadès et posa doucement le programme de cinéma froissé qu’elle avait soigneusement emporté avec elle. Si son geste paraissait calme, la couleur de ses yeux qui avait pris une teinte orangée ainsi que la crispation de ses muscles indiquait qu’elle était à deux doigts d’exploser.

-Explique-toi, ordonna-t-elle d’une voix froide et tranchante.
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Message par Hadès le Ven 14 Juil - 2:26

Il était dans la nature du dieu de ne jamais avoir peur. En principe du moins. Aucun mortel ne l'effrayait, mais tous les mortels - chez lui en tous cas - l'agaçaient. Aucun dieu ne lui faisait peur, il avait juste envie de leur briser la nuque et de leur coudre la bouche de temps en temps. Aucun Titan n'était capable de lui hérisser le moindre poil sur sa chair, il en avait la bonne garde et savait qu'ils ne s'en iraient pas de leur prison de sitôt. Sa sœur et belle-mère Déméter l'exaspérait plus qu'il n'en avait réellement peur et il avait appris à gérer les crises de sa femme Perséphone qu'il aimait tant. Le dieu Hadès avait cette réputation d'être sans peur car c'était lui qui, des trois grands, faisait le plus peur; au point que malgré son statut d'Olympien, Zeus l'avait banni du Mont Olympe - officieusement du moins, à coups de responsabilités et d'heures supplémentaires non rémunérées - avec d'autres divinités comme Thanatos ou Nyx; il était sans peur et tous les mortels le craignaient au point qu'aucun d'eux ne le priait et qu'aucun temple se vantait de le vénérer, bien qu'il ait eu quelques autels dédiés même s'ils étaient peu nombreux contrairement à ceux d'autres dieux. Il était sans peur et il méritait sa réputation. Hadès n'avait peur de rien ni de personne.
Sauf de sa fille. Il n'avait pas véritablement peur d'elle, il avait juste peur de l'énerver. A dire vrai, il fallait bien voir comment elle s'énervait pour affirmer que n'importe qui - à part peut-être Nyx ou Kronos - aurait un semblant de peur dans les yeux en la voyant en colère. Et encore, depuis ses 8.000 ans, elle avait fini par réussir à se contrôler un minimum et ne créait plus le déplacement de plaques tectoniques créant des séismes rivalisant presque avec ceux de tonton Poséidon, et ce fut seulement à ses 10.000 et quelques mois qu'elle avait réussi l'exploit d'arrêter d'enflammer littéralement les cieux et/ou de réveiller les volcans endormis chaque fois qu'elle s'énervait; bien que Héphaïstos, tout heureux, avait demandé à Hadès s'il pouvait à nouveau énerver sa fille afin de l'aider à réveiller une forge sous-marine qui ne voulait plus s'allumer. 
Les disputes entre la fille et le père étaient grandioses, à base de sons et couleurs très impressionnants et d'effets pyrotechniques qui feraient aller chialer le meilleur pyrotechnicien du monde. Aucun trucage, des cascadeurs talentueux avec un haut niveau de comédie partant surtout sur du dramatique et du tragique. Un sans-faute.


****


Il faisait chaud et Hadès n'aspirait qu'à aller prendre une bonne douche froide avant de se changer pour la soirée. A la place, il eut des sueurs froides et une grande envie d'enfiler sa kunée et de se carapater très loin et de ne revenir que d'ici quelques millénaires. 
A la place, il était assis sur le canapé, sa fille venant de lui jeter le programme du cinéma devant lui. Sa voix était froide et tranchante, la couleur de ses yeux n'augurait rien de bon. Ah. Elle était allée voir le film. Quelque part, cela le rassurait. Il avait une bonne explication qui tenait la route; allait-elle seulement l'écouter ?
Si extérieurement il se montrait calme, intérieurement, c'était un petit chibi effrayé s'accrochant à un fil d'araignée. Il allait devoir lui expliquer avec des mots qu'elle comprenait pour éviter les ennuis. Et qu'elle ne s'enflamme. Littéralement. Au pire il avait un extincteur. Et sinon, il avait appris les arts martiaux depuis qu'il était arrivé sur Terre; alors il n'avait toujours pas décroché sa ceinture noire malgré le temps qu'il y avait passé, mais il avait un bon niveau; ce qui changeait de la simple lutte grecque et autres types de combat existants. Ou sinon, il y avait la technique du "Je suis ton père !" mais pas sûr que cela fonctionne avec elle.


-Ce film n'est pas une idée de moi, je n'ai pas écris le texte et je ne l'ai pas mis en scène; je ne suis que le mécène. Même si en tant que tel j'ai donné quelques indications à respecter; ensuite, ce sont les scénaristes et le réalisateur qui ont fait le reste. Il est vrai, je n'aurais pas dû valider certains points mais si je l'ai fais, en sachant le pouvoir de ces gens sur nous, c'est parce que j'ai pris le soin de sauvegarder l'intégralité de ton personnage grâce à d'autres choses plus importantes.

Notez que Hadès est incapable de mentir à Macaria et à Perséphone. Vous en voulez la preuve ?

-J'imagine ce que tu dois penser en ce moment, mais je te jure sur le Styx que cet unique film ne peut pas influencer l'intégrité même de ton être. J'ai fais ce qu'il fallait pour que cela n'arrive pas; il y a sûrement une Terre parallèle où la Macaria que tu as vu existe mais toi, tu seras toujours là et toujours la même.

Jurer sur le Styx n'est pas à prendre à la légère, même en-dehors de son propre monde, Hadès y croit dur comme fer.

-La fiction fonctionne peut-être bien sur l'esprit des gens mais il y a autre chose qui fonctionne encore mieux et fera toujours foi sur les histoires de ces terriens: les mythes et l'Histoire en elle-même; c'est quelque chose qu'ils ne peuvent pas réfuter. C'est ce que j'ai fais pour te préserver. Ces gens avaient peu d'informations sur toi, sur ton existence; je leur en ai donné, j'ai fais en sorte que tu apparaisses dans les mythes auprès de ta mère et de moi, il y a eu des fouilles archéologiques plus poussées, des textes anciens qui sont ressortis; et cela a beaucoup plus de poids qu'une simple fiction qui a, certes, beaucoup de succès; mais les mortels finissent toujours par revenir ce qui a été fait, existé avant. Leurs mythes. Leur Histoire. Et tu es dedans.

Maintenant, il était prêt à subir sa colère. Il respira un grand coup intérieurement et se préparait déjà au pire, si toutefois cela devait advenir; il était resté très calme et très conciliant mais s'était montré sincère. Lui mentir aurait été le pire et elle l'aurait sentie, elle sentait toujours quand il mentait.

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Re: Tel père telle fille [feat. Macaria - La Rochelle]

Message par Macaria le Mar 18 Juil - 16:29

Hadès n’avait pas réagi au fait d’avoir pris Macaria la main dans le sac en train de fouiller une pièce qui lui était normalement interdite. Au lieu de se mettre en colère, il s’assit sur le sofa. S’il affichait une apparence décontractée, la déesse connaissait suffisamment son père pour savoir qu’il était tendu. De toute façon, le fait de ne pas l’avoir réprimandé était une preuve qu’il s’estimait encore plus en tort qu’elle. Les colères d’Hadès étaient réputées dans toute la Grèce antique et Macaria avait hérité du tempérament de feu de son père. Cette discussion promettait de belles étincelles.


-Ce film n'est pas une idée de moi, je n'ai pas écrit le texte et je ne l'ai pas mis en scène; je ne suis que le mécène.

Il était donc bien impliqué dans cette horreur.

Debout, les mains posée à plat sur le bureau et le regard furieux, Macaria n’avait pas bougé de sa place depuis qu’Hadès avait pénétré dans la pièce. Des dossiers étaient éparpillés de ci et là sur le meuble, elle n’avait même pas essayé de les cacher.

-Même si en tant que tel j'ai donné quelques indications à respecter; ensuite, ce sont les scénaristes et le réalisateur qui ont fait le reste. Il est vrai, je n'aurais pas dû valider certains points mais si je l'ai fait, en sachant le pouvoir de ces gens sur nous, c'est parce que j'ai pris le soin de sauvegarder l'intégralité de ton personnage grâce à d'autres choses plus importantes.

« Sauvegarder ton personnage »

Etais-cela qu’elle était, une simple création, un sous humain, un « personnage de fiction » à sauvegarder pour en préserver l’authenticité comme le faisait certains dramaturges grecs avec les célèbres œuvres de théâtre qu’ils mettaient en scène ? Vingt-mille ans à être une déesse et voilà qu’elle réalisait qu’elle n’était rien d’autre qu’une banale création de quelques pitoyables mortels qui n’en avaient même conscience. Elle tombait de haut et cela faisait mal. La déesse bouillait de l’intérieur. Ses mains chauffèrent tellement qu’une marque noire s’imprima sur le bois du bureau et une légère fumée s’en échappa.

-J'imagine ce que tu dois penser en ce moment, mais je te jure sur le Styx que cet unique film ne peut pas influencer l'intégrité même de ton être.

Et il se lança dans une longue tirade pour justifier que les fictions d’origine primaient toujours sur les nouvelles.

-Ne jure pas sur le Styx ce que tu prétendais ignorer ! Tu disais ne presque rien savoir des autres mondes et de leur mécanisme de création, tu assurais n’être jamais allé explorer les différents ailleurs parce que tu t’en fichais. Comment pourrais-tu savoir ce que ce film implique pour nous autres ?! Demanda-t-elle en haussant soudainement la voix.


Elle lui jeta un regard dégouté et reprit un poil plus calmement.

-De simples vacances… et dire que je t’ai cru sur parole. Et ça, dit-elle en montrant d’un mouvement de tête les dossiers, ça fait aussi parti des vacances, une alliance avec des personnes peu scrupuleuses qui viennent d’ailleurs ? Je ne suis peut-être pas à mon aise sur cette Terre mais je sais observer. Utopia est influente dans ce monde; toi et tes nouveaux amis manigancez quelque chose.
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